« Au secours, je n’ai pas de passion ! »
Et si tu étais : multipotentiel ?

« Au secours, je n’ai pas de passion ! »
Et si tu étais : multipotentiel ?

« Au secours, je n’ai pas de passion ! »
Et si tu étais : multipotentiel ?
1280 854 Pimp Yourself

« Et toi Camille, c’est quoi ta passion dans la vie ? » 😰 

C’est une des questions les plus angoissante pour moi pendant un tour de table. Je l’ai toujours perçue comme une sorte de piège, sûrement car j’ai encore trop peur du regard des autres. Je redoute que ma passion soit jugée banale et inintéressante par mon auditoire. Ou bien qu’elle définisse mon identité aux yeux des gens. Pire, mon absence de passion particulière me pousse à croire que les gens vont penser que je n’ai pas de personnalité. C’est bien simple, je n’aime pas le mot passion, il me hérisse le poil.

Et d’abord, ça veut dire quoi passion ?


Si on regarde la définition du mot dans le dictionnaire du Larousse on trouve ceci : «état affectif intense et irraisonné qui domine quelqu’un», «penchant vif et persistant».

Selon Eric Bénevaut, psychanalyste spécialisé en thérapie existentielle créative, la passion évoque carrément parfois « une manière de s’empêcher de voir une autre réalité plus douloureuse».

En soi, si tu es dans mon cas, ce n’est pas que nous avons un soucis. Selon le psychanalyste, seules les personnes dépressives ne s’intéressent plus à rien. C’est simplement que nous, nous préférons « butiner, plutôt que de s’enflammer ». C’est joli non ?

Quand une abeille a obtenu le nectar qu’elle était venue chercher sur une fleur, elle perd son intérêt pour ladite fleur et se dirige vers une autre.

Barbara Sher

Oui, j’occupe mon temps libre en faisant des trucs. Il y a quelques temps quand la Covid-19 n’existait pas, j’essayais chaque année quelque chose de nouveau : le sport, la danse, le théâtre, le piano. Cette année confinée, je me suis même intéressée à l’astrologie. En revanche, je ne préfère pas faire une activité plutôt qu’une autre, et surtout, je me lasse très vite.

Dans mon travail, c’est pareil. Je n’ai pas vraiment de spécialité, je sais appréhender toutes les expertises de mon entreprise. Je bidouille, je me renseigne sur les demandes que j’arrive finalement souvent à satisfaire. Jusque là, mes clients et mes collaborateurs en sont plutôt contents. Pourtant, je me dis souvent que c’est de la chance. Je ressens souvent le syndrome de l’imposteur car je suis une « généraliste ». Une généralisation perçue souvent comme une nonchalance ou un manque de compétences et qui participe à la croyance que je serai une éternelle « amatrice ».

Mes études ont été l’exemple parfait de cette « non spécialisation ». 

Puisque je ne savais pas quoi faire de ma vie, j’ai d’abord fait un bac scientifique. Soit-disant ça allait m’ouvrir « plus de portes ».
Si je m’étais connue un peu plus à l’époque, il est clair que je me serais tournée vers un diplôme littéraire. Utiliser des formules mathématiques à tout va sans finalité précise… Quoi de pire pour une nana qui cherche toujours à comprendre le pourquoi du comment ?

Ensuite j’ai fait un DUT à multiples expertises : de la com, du droit, de la PAO, du réseau, des maths, du journalisme, du montage vidéo, du mixage et j’en passe. Avec le recul, je me rends compte que j’ai fait ce choix pour ne pas avoir à trancher.

Enfin, j’ai fini par une école de communication pour laquelle j’ai encore choisi la spécialité la plus globale. Et ouais, elle était appelée « Communication globale des entreprises et des marques ». Rien que de l’écrire ça me fait marrer. 

Pour autant, pour le moment, cette polyvalence ne m’a pas porté préjudices. Au contraire, elle a plutôt été une force dans mon cursus scolaire et dans mes stages. Il y a eu quelques périodes floues où je ne me retrouvais plus, certes. Mais être enfermée dans une spécialité aurait sans doute rendu ces périodes de remise en question encore plus compliquées. Cette diversification m’a amenée où je suis aujourd’hui. Sans elle, je ne pense pas que je pourrais exercer le métier que je fais actuellement.

A force de vouloir entrer dans un moule, on finit par devenir tarte

Bernard Werber

Mais d’où vient donc cette culpabilité de ne pas rentrer dans un moule ?

De la Société of course, qui valorise la passion comme une norme. On te demande dès ton plus jeune âge « tu veux faire quoi quand tu seras grand ? ». Je ne connaissais évidemment pas tous les métiers possibles alors je répondais un métier auquel j’étais familière « maitresse d’école ». Au fond, je n’en avais pas la moindre idée. Toi oui ?

On lit partout de « croire en ses rêves », the american dream you know. Oui oui, c’est bien, mais si t’as pas de rêve ?


Il est tout à faire honorable de connaître sa spécialité. En revanche je n’ai jamais compris ce besoin de mettre les gens à tout prix dans des cases, leur coller de bonnes grosses étiquettes sur le dos.

Même la majorité des podcasts d’entrepreneurs que j’écoute, ne jurent que par une seule chose : développer une niche, se spécialiser dans UN domaine. Ça m’angoisse.

Alors comment on fait si on n’a pas envie de se spécialiser dans un seul truc ? HELP. 
Et s’il y avait une autre explication, une autre alternative pour trouver sa vocation ? 

La multipotentialité, tu connais ?

Par curiosité, quand j’ai commencé à posé des mots sur le sujet de la « passion », j’ai tapé dans la barre de recherche Google « Je n’ai pas de passion ». Je suis tombée sur une conférence TedX super intéressante de Emilie Wapnick, qui m’a beaucoup parlé. Entrepreneure, écrivaine et directrice artistique, elle nous explique qu’elle a toujours répété le même schéma étant plus jeune : s’intéresser à un domaine, l’exploiter à fond en croyant avoir enfin trouvé sa voie, et puis se lasser et passer à autre chose, encore et encore. 

Cette instabilité lui causait beaucoup d’anxiété et elle se demandait si elle ne s’auto-sabotait pas, par peur de l’engagement. Et puis elle a découvert la notion de multi-potentialité. 

Sur Wikipédia, la multi-potentialité se définit ainsi :

« La multipotentialité est un terme éducatif et psychologique qui se réfère à la capacité et à la préférence d’une personne d’exceller dans deux ou plus de deux champs différents. »

« Il peut également se référer à une personne dont les intérêts s’étendent sur plusieurs domaines, plutôt que d’être fort dans un seul. »

On oppose donc le « multi-potentialiste » au « spécialiste ». 

Sur le site de Kmeo, plateforme d’entraide pour les multipotentiels, les 5 besoins fondamentaux de ces derniers sont :

  • le besoin d’exploration
  • le besoin de comprendre
  • le besoin d’évoluer et de grandir 
  • le besoin de créer pour exprimer son monde intérieur
  • le besoin de combler son espace mental par l’apprentissage et la créativité 

Si le sujet t’intéresse, je t’invite notamment à lire cet article. Il pourra notamment t’aider à savoir si tu es multipotentiel. Il y a une série de questions à répondre par oui ou par non qui vont vite t’orienter. Personnellement, j’ai répondu par oui à l’intégralité…

Pourquoi c’est cool d’être multipotentiel ?

Bon tu vas me dire, OK c’est sympa cette notion. Mais en quoi ça va m’aider pour la suite puisqu’on attend de la société qu’elle se spécialise ? 

Et bien cette injonction est désormais malmenée. Aujourd’hui nombreux sont les exemples de personnalités à multipotentiel. Pour preuve, le termes « slasher » a récemment fait son apparition. On appelle “slasheurs” des personnes qui exercent plusieurs activités. Cela fait référence au signe “/” qui sépare les différentes activités quand ils les énumèrent (notamment sur le réseau LinkedIn). 

Alors qu’on pourrait se sentir perdu.e d’avoir besoin de slasher, Emilie Wapnick y voit plutôt 3 « super-pouvoirs » :

  • la synthèse des idées : puisque tu t’intéresses à plein de choses, pourquoi ne pas trouver l’intersection entre elles ? De plus, tu t’investis dans plusieurs domaines qui sont forcément liés entre eux par un bout ou un autre. Cela te permet de bien amener les choses.
  • l’adaptabilité : peu importe les situations, comme un caméléon tu t’imprègnes rapidement de ton environnement
  • l’apprentissage rapide : tu as l’habitude de jongler et d’être novice dans un domaine. Tu connais donc la méthode pour approfondir un sujet sans forcément rentrer dans les détails. Tu vas à l’essentiel.

Ce que j’en pense

Pour ma part, cette découverte m’a fait du bien à l’aube de 2021. Je peux mettre des mots sur le pourquoi je suis passionnée par tout et par rien à la fois. Je comprends mieux pourquoi je commence tout et que je ne termine rien. Pourquoi je passe si vite à un autre sujet fétiche. Je pense aussi que cela est lié à ma nature et mon thème astral.

Bon ça ne résout pas grand chose à l’instant T cela dit. J’aimerais parfois approfondir un peu plus les choses. Cependant ça aide déjà à accepter, à comprendre et à ne plus culpabiliser. Et puis surtout, cette diversité c’est aussi ce qui m’a aidée à soigner mon acné. La médecine holistique force quelque part les gens à être multipotentiels. On doit s’intéresser à plusieurs causes profondes pour soigner nos maux, et à différentes solutions.

Et toi alors, te définirais-tu plutôt spécialiste ou multipotentiel ? Quelque soit ta réponse, peu importe comment tu es câblé.e au final. Il convient encore une fois de se connaître et de s’écouter. Quoiqu’il arrive, tu trouveras ta (ou tes) voie.s. 

Sources : 

https://femmedinfluence.fr/multipotentialite/

https://www.kmeo.fr/suis-je-multipotentiel/

https://www.kmeo.fr/dessine-moi-un-multipotentiel/

https://www.kmeo.fr/quiz-multipotentiel/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Multipotentialit%C3%A9#:~:text=La%20multipotentialit%C3%A9%20est%20un%20terme,%C3%AAtre%20fort%20dans%20un%20seul.

https://madame.lefigaro.fr/bien-etre/je-nai-pas-de-passion-cest-grave-011217-145823

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